Bonne nouvelle : très souvent, votre nom de domaine vous appartient déjà, même si votre ancienne agence refuse de vous le rendre. Encore faut-il le vérifier, puis savoir quelle démarche suivre.
Le scénario est toujours le même. Vous confiez votre site à une agence, elle s’occupe de tout, y compris du nom de domaine. Le jour où vous voulez changer de prestataire, plus personne ne répond, ou on vous explique que « le domaine est chez nous ». Votre site, vos adresses mail et des années de référencement se retrouvent bloqués.
Vérifiez d’abord, en quelques secondes, à qui appartient réellement votre domaine. Nous vous donnons ensuite la marche à suivre selon votre situation.
Vérifiez qui est titulaire de votre nom de domaine
Saisissez votre nom de domaine : l’outil interroge l’annuaire officiel des noms de domaine (le RDAP, successeur du whois) et affiche quatre informations, le titulaire, le contact technique, le bureau d’enregistrement et la date d’expiration.
Pour vérifier votre nom de domaine, saisissez-le dans l'annuaire officiel de l'ICANN : lookup.icann.org.
Le mot qui compte, c’est titulaire. C’est le propriétaire légal du domaine. L’agence peut être notée comme contact technique : cela ne lui donne aucun droit de propriété.
Le domaine est à vous. Il ne reste qu'à récupérer le code de transfert (cas 1).
Regardez votre contrat : il peut prévoir, comme le nôtre, que le domaine vous appartient et vous sera transféré gratuitement sur simple demande. Sinon, voyez les cas 2 et 3.
C'est la règle pour la plupart des .com et des extensions étrangères depuis le RGPD. Pour un .fr, l'AFNIC masque les titulaires qui sont des personnes physiques : si vous êtes entrepreneur individuel et que le domaine est à votre nom, c'est normal. Dans tous les cas, votre bureau d'enregistrement peut vous confirmer le titulaire sur justificatif.
Cas 1 : vous êtes titulaire, mais l’agence bloque
Si votre entreprise apparaît comme titulaire, vous êtes propriétaire, point. L’agence qui refuse de « rendre » le domaine ne fait que retenir un accès technique qu’elle n’a aucun droit de garder.
Pour changer de prestataire, il vous faut un seul élément : le code de transfert, appelé aussi code AUTH_INFO, code EPP ou code d’autorisation. Et la règle est claire :
- Pour un .fr, le bureau d’enregistrement doit remettre ce code au titulaire, et à lui seul, gratuitement et à tout moment.
- Pour un .com, .net ou .org, les règles de l’ICANN obligent le bureau d’enregistrement à fournir le code au titulaire dans les 5 jours calendaires suivant sa demande.
La marche à suivre
Par mail, en rappelant que vous êtes titulaire. Gardez une trace de chaque échange.
Par lettre recommandée avec accusé de réception.
OVH, Gandi, IONOS… son nom apparaît dans l'outil ci-dessus. Présentez-vous comme titulaire, avec un Kbis récent et une pièce d'identité du gérant.
Pour un .fr, contactez l'AFNIC. Pour un .com, déposez une plainte auprès de l'ICANN via son formulaire dédié.
Transmettez-le à votre nouveau bureau d'enregistrement, qui s'occupe du reste.
Attention à un piège : si le domaine est sur le compte client de l’agence, certains bureaux d’enregistrement vous renverront vers elle. Insistez sur votre qualité de titulaire, c’est elle qui compte.
Transférer son nom de domaine sans coupure
Le transfert de nom de domaine ne coupe ni votre site ni vos mails, à condition de bien le préparer. Avant de lancer quoi que ce soit, faites une sauvegarde complète du site et des boîtes mail, et notez les réglages DNS actuels (les enregistrements qui font pointer votre domaine vers le site et la messagerie). Votre nouvel hébergeur les recrée à l’identique, puis le transfert se fait en arrière-plan.
Pour un .fr, l’ancien bureau d’enregistrement a 8 jours pour répondre. S’il accepte, le transfert est immédiat ; s’il ne réagit pas, il se fait au bout des 8 jours ; s’il s’y oppose, il se fait quand même, en 22 jours au plus. Il ne peut pas le bloquer.
Nous nous occupons des relances, du contact avec le bureau d'enregistrement et du transfert, sans coupure de votre site ni de vos mails. Confiez-nous la récupération
Cas 2 : l’agence est titulaire (médiation et SYRELI)
Ici, le domaine est au nom de l’agence. Commencez par relire votre contrat : il est courant qu’une agence gère les domaines à son nom pour simplifier, tout en écrivant qu’ils appartiennent à ses clients et leur seront transférés sur demande. Dans ce cas, une demande écrite suffit, et le contrat oblige l’agence à la suivre.
Si le contrat ne dit rien, ou si l’agence ne le respecte pas, c’est plus long. Mais pour un .fr, vous disposez de recours efficaces, organisés par l’AFNIC, le gestionnaire officiel du .fr.
Demandez à l'agence de lancer un changement de titulaire à votre profit. Appuyez-vous sur votre contrat et vos paiements : si vous avez payé le domaine, c'est un argument fort.
Un médiateur tente de trouver un accord entre vous et l'agence. C'est souvent suffisant pour débloquer la situation.
Une procédure en ligne, tranchée par un collège de l'AFNIC en deux mois environ, sans avocat obligatoire.
Même principe, mais la décision est rendue par un expert choisi avec l'OMPI, l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle.
En dernier recours.
Point important : SYRELI et PARL Expert ne couvrent que les situations prévues par la loi. Il faut montrer que le domaine porte atteinte à vos droits (votre nom commercial, votre marque…) et que l’agence n’a pas d’intérêt légitime à le garder, ou qu’elle agit de mauvaise foi. Un dossier bien construit fait toute la différence.
Nous vous aidons à rassembler les preuves et à monter votre demande. Parlons de votre situation
Cas 3 : l’agence a disparu ou fait faillite
C’est la situation la plus angoissante : plus d’interlocuteur, et un domaine qui risque d’expirer. Là encore, tout dépend du titulaire.
- Si vous êtes titulaire, la disparition de l’agence ne change rien à vos droits. Adressez-vous directement au bureau d’enregistrement, avec votre Kbis et une pièce d’identité, comme au cas 1.
- Si l’agence était titulaire et qu’elle est en liquidation, contactez le liquidateur judiciaire : c’est le seul qui puisse accepter de vous transmettre le domaine.
- Si l’agence était titulaire et qu’elle n’existe plus, l’AFNIC prévoit pour ses extensions une transmission forcée, demandée via un formulaire officiel appelé DOA (Demande d’Opération AFNIC). Il faut démontrer votre lien avec l’agence : contrat, devis, paiements. Elle s’applique aussi après une décision de justice, de médiation ou de SYRELI.
Dans les deux cas, surveillez la date d’expiration affichée par l’outil. Un domaine non renouvelé finit par être supprimé, puis peut être racheté par n’importe qui.
Nous prenons contact avec le liquidateur et lançons la procédure rapidement. Appelez-nous au 06 71 61 42 88
Et si votre domaine est en .com ?
Hors du .fr, vous sortez du cadre français. Les recours existent, mais ils sont plus chers, en anglais et pas toujours adaptés à un litige avec une agence.
Avec le RGPD, les coordonnées du titulaire d’un .com sont presque toujours masquées : impossible de vérifier publiquement à qui il appartient, il faut passer par le bureau d’enregistrement. Si l’agence en est titulaire, le recours prévu est l’UDRP, administrée par l’OMPI : comptez 1 500 dollars de frais pour 1 à 5 domaines. Surtout, cette procédure exige de prouver à la fois des droits sur une marque, l’absence d’intérêt légitime du titulaire et sa mauvaise foi, ce qui colle mal à un simple litige commercial.
Si l’agence accepte de vous céder un .com, un dernier détail : un changement de titulaire bloque en principe les transferts pendant 60 jours. Demandez à lever ce verrou avant le changement si vous comptez partir aussitôt.
Les extensions à la mode, comme le .ai, le .io ou le .si, sont encore plus délicates : elles appartiennent à d’autres pays, qui fixent leurs propres règles. Nous détaillons ces risques dans notre article .fr ou .com : quelle extension choisir.
Comment ne plus jamais se faire piéger
Une agence sérieuse ne garde pas votre nom de domaine en otage. Voici ce que vous devez exiger, dès le départ :
- Votre entreprise est titulaire du domaine, ou le contrat précise noir sur blanc qu’il vous appartient.
- Le transfert est gratuit et se fait sur simple demande, même si vous quittez l’agence. Faites-le écrire dans le contrat.
- Vous privilégiez le .fr pour votre adresse principale, et vous protégez éventuellement le .com en complément.
- Vous connaissez la date d’expiration, et le renouvellement est automatique.
C’est ainsi que nous travaillons : le nom de domaine de nos clients leur appartient, c’est écrit dans nos conditions. Nous le gérons avec votre hébergement pour vous simplifier la vie, et sur simple demande nous vous le transférons gratuitement, même si vous arrêtez de travailler avec nous. Aucune rétention, jamais.
Vérifiez-le avec l'outil en haut de cette page, puis contactez-nous : en un échange, nous vous disons si votre domaine est récupérable et comment. Contactez-nous
Questions fréquentes
Mon ancienne agence a-t-elle le droit de garder mon nom de domaine ?
Non, si votre entreprise en est titulaire : l’agence doit vous remettre le code de transfert. Si l’agence est titulaire, regardez votre contrat : il peut prévoir que le domaine vous appartient et vous sera transféré sur demande. À défaut, des recours existent, notamment la médiation et la procédure SYRELI de l’AFNIC pour un .fr.
Le transfert de nom de domaine coupe-t-il le site ou les mails ?
Non, s’il est préparé : sauvegardez le site et les boîtes mail, notez les réglages DNS actuels et faites-les recréer à l’identique chez le nouveau prestataire avant de lancer le transfert.
Combien coûte la récupération d’un nom de domaine ?
Le code de transfert est gratuit. Le nouveau bureau d’enregistrement fait en général payer le transfert au prix d’un renouvellement, qui prolonge le domaine d’un an. Seules les procédures de litige ont un coût propre : la médiation de l’AFNIC est gratuite, SYRELI coûte 250 € HT, PARL Expert 1 500 € et l’UDRP 1 500 dollars.
Que faire si mon nom de domaine arrive à expiration pendant le litige ?
Faites-le renouveler sans attendre, quitte à régler le renouvellement vous-même auprès du bureau d’enregistrement. Un domaine non renouvelé finit par être supprimé, puis peut être racheté par n’importe qui.
Sources
- AFNIC : guide des procédures (code de transfert, délais de transfert)
- AFNIC : charte de nommage 2026 (transmission forcée, publication des données)
- AFNIC : résoudre un litige, SYRELI et PARL Expert
- ICANN : politique de transfert des noms de domaine
- ICANN : déposer une plainte
- OMPI : tarifs des procédures UDRP
- Titulaire
- Contact technique
- Bureau d'enregistrement
- Expiration