Pour une entreprise qui travaille en France, le .fr est le meilleur choix pour l’adresse principale, et le .com mérite d’être réservé en complément s’il est libre. Le .fr vous place sous le droit français, inspire confiance à vos clients et indique à Google que vous visez la France. Le .com garde l’avantage si vous vendez surtout à l’international.
Reste un piège que beaucoup ignorent : les extensions à la mode, comme le .ai ou le .io, sont en réalité celles de petits pays, qui fixent leurs propres règles.
.fr ou .com : le comparatif
- Géré en France par l'AFNIC, sous le droit français
- Médiation gratuite et procédures en français en cas de litige
- Une bonne image pour 97 % des Français
- Indique à Google que votre site vise la France
- Ouvert aux personnes et entreprises établies dans l'UE, en Suisse, en Norvège, en Islande ou au Liechtenstein
- Environ 8 à 25 € HT par an
- Extension mondiale, gérée par un registre américain
- En cas de litige : procédure en anglais, 1 500 dollars minimum
- Titulaire presque toujours masqué dans l'annuaire public
- Aucun signal géographique, adapté à l'international
- Ouvert à tous, partout
- Environ 13 à 32 € HT par an
En France, les deux extensions se tiennent de près : fin 2025, le .com représentait 44,1 % des noms de domaine déposés par des Français, contre 40,35 % pour le .fr. Mais chez les TPE et PME, le .fr domine nettement : 62 % l’ont choisi en priorité, contre 33 % pour le .com. Le .fr a d’ailleurs dépassé les 4,5 millions de noms en septembre 2026.
Le .fr et le référencement : un petit plus, pas un raccourci
Pour Google, une extension de pays est un signal fort de ciblage géographique : avec un .fr, il comprend que votre site s’adresse à la France. Depuis 2022, la Search Console ne permet plus de choisir un pays cible, l’extension fait donc partie des signaux qui restent.
Mais ce signal aide Google à comprendre à qui vous parlez, il ne vous fait pas passer devant un concurrent en .com. Un responsable de l’AFNIC nous l’a confirmé : l’effet du .fr sur le référencement existe, mais il reste faible.
Le référencement fonctionne par accumulation de petits signaux : l’extension en est un, avec la langue du site, l’adresse sur votre fiche Google, les liens d’autres sites de votre région et, surtout, le contenu. Aucun ne suffit seul, c’est leur somme qui fait la différence. C’est tout l’objet du référencement local.
Précision utile : Google traite certaines extensions de pays comme des extensions génériques, parce qu’elles sont utilisées partout. C’est le cas du .ai, du .io, du .co, du .me et du .tv, qui ne donnent aucun signal géographique.
Le .fr vous protège en droit français
Pour une entreprise française, le .fr est l’extension la plus sûre. C’est la seule régie par le droit français, avec un gestionnaire français (l’AFNIC), une médiation gratuite et des procédures en français. Les extensions d’outre-mer gérées par l’AFNIC (.re, .yt, .pm, .wf, .tf) suivent les mêmes règles.
Le .fr n’est pas réservé aux Français : il est ouvert aux particuliers qui résident et aux entreprises établies dans l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège et en Suisse.
Et l’AFNIC a montré qu’elle protégeait ses titulaires. Après le Brexit, les résidents britanniques n’ont plus pu créer de .fr, mais la mesure n’a pas été rétroactive : les quelque 34 000 .fr qu’ils détenaient sont restés à eux, renouvelables sans limite. Le .eu a fait le choix inverse : environ 81 000 .eu britanniques ont été suspendus le 1er janvier 2021, puis près de 48 000 ont été révoqués et remis en vente en janvier 2022. Même le site pro-Brexit Leave.EU a perdu le sien.
Ces recours servent aussi le jour où un prestataire refuse de vous rendre votre adresse : voyez comment récupérer son nom de domaine bloqué par une agence.
Les extensions à la mode sont celles de petits pays
Il existe deux grandes familles d’extensions. Les extensions génériques (.com, .net, .org…) n’appartiennent à aucun pays : elles sont encadrées par l’ICANN, l’organisme qui coordonne les noms de domaine au niveau mondial. Les extensions nationales sont deux lettres qui correspondent au code officiel d’un pays, et chaque pays les gère selon sa propre loi.
C’est là que se cache le piège. De nombreuses extensions à la mode sont en réalité celles de petits pays, choisies pour leurs deux lettres :
| Extension | Ce que l’on croit | Ce que c’est vraiment |
|---|---|---|
| .ai | Intelligence artificielle | Anguilla, île des Caraïbes |
| .si | Super intelligence | Slovénie |
| .io | Informatique (input/output) | Territoire britannique de l’océan Indien |
| .tv | Télévision | Tuvalu, archipel du Pacifique |
| .me | « Moi » | Monténégro |
| .co | Company | Colombie |
| .ly | Terminaison d’adverbe anglais | Libye |
Choisir l’une de ces extensions, c’est confier votre adresse web à la loi d’un autre pays. C’est lui qui fixe les prix, décide qui a le droit de détenir un domaine et peut changer les règles.
Quand la politique décide à votre place
Une extension nationale suit la vie politique de son pays. Un changement de frontière, de gouvernement ou de loi suffit pour que votre adresse disparaisse, vous soit retirée ou change de règles. Ce n’est pas théorique : c’est déjà arrivé, plusieurs fois.
Le .io, très prisé des start-up de la tech, est l'extension du Territoire britannique de l'océan Indien : l'archipel des Chagos. En 2025, le Royaume-Uni a signé un traité pour rendre ces îles à Maurice. Si le code « IO » disparaît un jour de la liste officielle des pays, les règles internationales prévoient la suppression de l'extension, en 5 ans, 10 ans au plus. Ce jour-là, plus aucune adresse en .io ne répond : ni les sites, ni les adresses mail. Le traité est gelé depuis avril 2026, mais rien n'est réglé, et la presse spécialisée estime qu'il existe plus d'un million de .io.
C'est déjà arrivé au .yu de la Yougoslavie, supprimé le 30 mars 2010 : environ 4 000 sites qui n'étaient pas passés en .rs ou en .me se sont éteints du jour au lendemain, mails compris.Le registre applique la loi de son pays, pas la vôtre. En 2010, la Libye a saisi vb.ly, un raccourcisseur de liens, parce que son contenu pour adultes était contraire à la loi libyenne, puis a réservé les .ly de quatre lettres ou moins aux entreprises établies en Libye. En février 2024, le registre afghan, passé sous le contrôle des talibans, a suspendu queer.af, un réseau social LGBT : le site et ses adresses mail ont cessé de fonctionner.
Un contenu parfaitement légal en France peut suffire à perdre son adresse.Pendant dix ans, le Mali a confié son extension à une société privée qui distribuait des .ml gratuitement : on en comptait plus de 1,6 million en 2023. À la fin du contrat, en juillet 2023, l'État a repris la main et mis fin à la gratuité. La même année, le Gabon a fait de même et supprimé plusieurs millions de .ga gratuits. Les règles peuvent aussi changer de l'extérieur : à cause des sanctions internationales, le bureau d'enregistrement français Gandi n'enregistre et ne renouvelle plus aucun .af.
Sans parler du .eu, retiré aux Britanniques après le Brexit (voir plus haut).Avec un .fr, vous restez sous le droit français, avec un gestionnaire qui a déjà prouvé qu’il protégeait ses titulaires.
.ai et .si : attention aux effets de mode
Deux extensions montrent bien ce que coûte un effet de mode : le .ai, devenu l’adresse des entreprises de l’intelligence artificielle, et le .si, la nouvelle ruée de l’automne 2026.

- Le .ai a fait la fortune de cette île de moins de 15 000 habitants : environ 85 millions de dollars de recettes en 2025, et près de la moitié des recettes de l’État sur les sept premiers mois de 2026. Plus d’un million de .ai étaient enregistrés en janvier 2026. Votre domaine dépend donc de la politique d’un petit territoire qui en a fait l’une de ses premières ressources.
- Le .si est la nouvelle ruée. Fin septembre 2026, l’administration américaine a officiellement rebaptisé l’IA « super intelligence » (SI). Le .si slovène a enregistré 46 066 nouveaux noms en septembre, contre un millier par mois auparavant. Il est ouvert à tous, sans lien exigé avec la Slovénie ; le registre slovène dément d’ailleurs que cette ruée rapporte des millions au pays.
Autre limite : ces pays ne sont pas obligés de publier les données des titulaires. Pour certaines extensions, impossible de vérifier publiquement à qui appartient un domaine.
Notre conseil
Pour votre site et vos adresses mail, si vous travaillez en France.
Redirigé vers votre .fr, pour qu'un concurrent ou un revendeur ne le prenne pas.
Pour une campagne ou un événement, pourquoi pas. Pour l'adresse principale, jamais.
Votre entreprise doit être titulaire de chaque domaine, ou votre contrat doit préciser qu'il vous appartient.
Vous exportez ? Pensez à l’extension de vos clients
Le bon choix dépend aussi des pays avec lesquels vous travaillez. Dans la plupart des pays européens, l’extension nationale domine : chez les Italiens, 47 % des noms de domaine sont en .it, contre 37 % en .com, et 72 % des Allemands choisiraient un .de plutôt qu’un .com. Un client italien fera plus volontiers confiance à votreentreprise.it, surtout s’il y trouve une page dans sa langue.
Bonne nouvelle : une entreprise française peut réserver un .it ou un .de directement, sans adresse sur place. Le plus simple est de garder votre .fr comme adresse principale et de faire pointer l’extension du pays vers une version traduite de votre site.
Vous avez déjà un .com et vous voulez passer au .fr ? C’est possible sans perdre votre référencement, à condition de rediriger chaque page de l’ancienne adresse vers la nouvelle et de suivre la transition dans la Search Console. C’est un vrai chantier : mieux vaut le préparer avec un professionnel.
Nous vérifions avec vous les noms disponibles, réservons les bonnes extensions et configurons tout. Parlons-en
Questions fréquentes
Le .fr est-il meilleur que le .com pour le référencement ?
Pour un site qui vise la France, le .fr est un petit plus : Google le comprend comme un signal de ciblage géographique. L’effet reste faible, le contenu, la fiche Google et les liens d’autres sites pèsent bien plus lourd.
Faut-il acheter le .fr et le .com ?
Si le .com est libre, oui : il coûte entre 13 et 32 € HT par an et évite qu’un concurrent ou un revendeur le prenne. Faites-le rediriger vers votre .fr.
Faut-il prendre l’extension du pays où l’on exporte ?
Si vous travaillez beaucoup avec un pays, oui : ses clients font davantage confiance à leur extension nationale. En Italie, 47 % des noms de domaine sont en .it ; en Allemagne, 72 % des internautes préfèrent le .de. Réservez-la en complément de votre .fr et faites-la pointer vers une version traduite de votre site.
Qui peut acheter un .fr ?
Les particuliers qui résident et les entreprises établies dans l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège ou en Suisse. Il n’est donc pas réservé aux Français.
Le .ai est-il une bonne idée pour une entreprise d’intelligence artificielle ?
Pour un projet ponctuel, pourquoi pas. Pour l’adresse principale, c’est risqué : le .ai dépend d’Anguilla, qui fixe ses prix et ses règles. Prenez le .fr, et le .ai en complément si vous y tenez.
Sources
- AFNIC : le .fr en 2025 (parts de marché, TPE et PME)
- AFNIC : le .fr dépasse les 4,5 millions de noms
- AFNIC : étude de perception du .fr, février 2026
- AFNIC : Brexit et noms de domaine en .fr
- AFNIC : charte de nommage 2026 (qui peut enregistrer un .fr)
- Google Search Central : sites multirégionaux et extensions de pays
- Domain Incite : les .eu britanniques après le Brexit
- ICANN : l’archipel des Chagos et le .io
- IANA : procédure de retrait d’une extension nationale
- Domain Incite : le traité des Chagos gelé
- Domain Incite : estimation du nombre de .io
- IANA : rapport sur la suppression du .yu
- RNIDS : la fin du .yu
- CircleID : la saisie de vb.ly
- 404 Media : la suspension de queer.af
- Gandi : le .af n’est plus proposé
- Interisle : nombre de .ml en 2023
- AFNIC et ANINF : le .ga repris en gestion gabonaise
- Registro.it : chiffres du .it en 2026
- DENIC : 18 millions de .de et préférence des Allemands
- Registro.it : qui peut enregistrer un .it
- Anguilla Focus : recettes du .ai en 2025
- The Gleaner : le .ai dans les recettes d’Anguilla en 2026
- CircleID : 46 066 .si en septembre 2026